12/08/1810, Brief van de kamer van koophandel van Brugge aan Chauvelin, prefect van het departement van de Leie, over de plannen rond het kanaal Brugge – Schelde en de plannen rond Gent – Breskens (Stadsarchief Brugge)

Bruges le 12 aout 1810

Les membres composant la chambre de commerce de la ville de Bruges
à Monsieur le comte de l’empire chauvelin Prefet du departement de la Lys, mebre de la legion d’honneur
Monsieur le Prefet & president !

Depuis trois semaines nous avons vu travailler d’une activité etonnante à l’elargissement du canal de Damme, l’espoir de le voir creuser jusqu'à breskens ou dans le voisinage en communiquant avec la mer nous presageoit déjà l’inappreciable faveur qui en devoit resulter pour la ville de Bruges, ou ne cessoit de benir la sollicitude paternelle de sa majesté il nous sembloit que l’empereur voulut rendre à la ville son ancienne splendeur lorsqu’un ordre aussi subite qu’inattendu ordonna hier la suppression des travaux, la consternation s’empara de tous les ceurs on se demandoit quel en peut etre le motif ?

S’il est permis de s’en rapporter au bruit public, le plan est changé, l’ouvrage commencé cessera, Bruges ne communiquera pas avec breskens ou avec son voisinage ce sera au contraire la ville de gand, qui jouira de la communication moiennant un canal a creuser, c’est maintenant la ville de gand qui jouira de l’exclusive.

Nous n’avons certainement pas le droit de discuter les intentions de sa majesté, il est certes de notre devoir d’etre obeissans, et de nous soumettre aux ordres de l’empereur.

Mais si les reflections sont permises, on doit convenir, en ecartant toute parti*licé qu’il y a aussi toute difference entre la position de la ville de gand & celle de Bruges ; pour peu qu’on veuille considerer l’une et l’autre, les avantages en general pour le pays pour les communications, pour le service de sa majesté autant que tous le raport de l’economie, Bruges disons nous, doit l’emporter sur gand.

En effet, le canal de damme existe déjà sur une grande etendue, l’ancien * existe aussi pour la continuation, il ne faut donc qu’elargir & continuer un ancien ouvrage, au lieu que faisant communiquer la ville de gand avec breskens il faut se determiner a faire pour aussi dire le tout a sauf, & delors la disparité de la depense est palpable

En faite, si le canal de Bruges est abandonné, comment la marine imperiale du nouveau port projetté pourra l’*elle communiquer par l’interieur avec ostende.

Si au contraire la communication avec Bruges est maintenu le nouveau port communiquera avec gand, les villes d’ostende, nieuport, dunkercque, toutes ces villes en profiteront tout à la fois, et gand n’aura tout cru plus qu’a faire un detour d’environ deux lieux

D’autre part, en continuant le canal de Damme, une quantité immense de proprietés riverains en profiteront pour voiturer les recoltes, et dans le cas contraires elles resteront en partie dans leur etat de nulleté

Il semble donc qu’a juste titre le bien public doit alarmer avec seulement les commercans de Bruges, mais en meme tems tous les proprietaires depuis Bruges jusqu'à Breskens

Il est possible cependant que ce bruit est de* devo*, et ne se realisera pas, mais la crainte ne subsiste pas moins.

Dans cette position penible Monsieur le prefet, notre devoir commande de ne pas rester inactif, en consequence dans l’incertitude ou nous sommes nous implorons votre protection, daigner de tourner de la ville l’orage qui le menace

Vous priant de nous prescrire les devoirs alterieurs que nous avons a remplir ; toutefois nous apprendrons avec plaisir que le * ordonné a pour cause tout autre motif que celui que nous apprehendons.

12/08/1810
Stadsarchief Brugge
1810